Pourquoi le café équitable est il aussi bio

Conférence de presse Malongo 24 avril 2008. Paris Press Club de France.

Les intervenants étaient passionnants :

  • Jean-Pierre Blanc directeur général de Malongo,
  • Un représentant de la coopérative historique d’Uciri au Mexique dont on fête en cette quinzaine du commerce équitable le 25 ème anniversaire d’existence
  • Eric Saint Pierre, photojournaliste québécois, auteur d’un beau livre sur le commerce équitable sponsorisé par Malongo à travers une série de photos prises au sein de la coopérative mexicaine où il a séjourné pendant douze ans (vient de paraître chez Aubanel).

J’ai demandé : « Quel est l’intérêt de cultiver le café en bio dans le cadre du commerce équitable ? »

Jean-Pierre Blanc de Malongo a répondu que :
Les paysans sont trop pauvres pour acheter des pesticides. Le label AB bien connu des consommateurs français permet de valoriser le produit fini. Une prime spéciale pour la culture bio est versée en plus aux producteurs, de l’ordre de 20 cents/livre. Toutes les coopératives travaillant en commerce équitable pratiquent l’agriculture biologique ou sont en passe de le faire.
Au Mexique, les paysans récupèrent les déchets de la plante – la pellicule de cellulose du café. Une fois mélangée à de l’argile, les déchets de café permettent de fabriquer des briques. Le confort thermique qu’elles procurent est, dit on, remarquable.

Eric Saint Pierre a ajouté que :
le café pousse dans les arbres
! Et ces arbres poussent dans la forêt naturelle à une altitude de 800 à 1 200 mètres. Leur maturation est lente ce qui permet d’obtenir des taux de sucre élevés et de développer les arômes. Un paysan de la coopérative d’Uciri aguerri récolte 60 kilos de cerises (dont seulement 20 kilos seront exploitées) par jour alors que sur une plantation au Brésil d’une dizaine de kilomètres de long, le tracteur cueille 60 000 kilos de cerises avec deux personnes, et là tout est cueilli et mélangé.
Les deux modes de culture sont totalement différents, et les raisons d’une différence de prix s’expliquent bien.
Sans compter que les petits producteurs mexicains pratiquent une agriculture de montagne et jouent un rôle essentiel parce qu’ils maintiennent les forêts tropicales en l’état.

Des cerises de café

cerises

(photo du site Malongo)