Le muscat jeune en Alsace a des arômes de sauvignon

Reportage - Dégustation des grands crus d’Alsace du 2/3/2009 à Paris – Sur les quatre bouteilles de muscats 2008 présentés en primeur par l’Union des oenologues, deux présentaient des arômes de sauvignon c’est à dire de buis, de tilleul, de pipi de chat et en bouche une vivacité renforcée par un côté citronné qui vous réveille de la tête aux pieds – ce qui n’est pas pour me déplaire. Julien Beck cogérant et oenologue du domaine Francis Beck a expliqué « Le muscat présente des arômes de sauvignon dans une phase réductrice de sa jeunesse au bout d’un à deux ans cela disparait, au bout de 4 à 5 ans un côté mentholé apparaît, cela n’est pas anormal de « sauvignonner pour des muscats 2008« .
L’été 2008 a été froid ce qui est excellent pour les cépages alsaciens qui aiment la fraicheur climatique et ne sont jamais aussi bons que lorsque la maturation des raisins est lente. Rien de pire qu’un été caniculaire comme 2003 pour l’Alsace. Cette année là le riesling a arrêté de pousser et il a même fallu chaptaliser (ajouter du sucre) !
Le muscat en Alsace fait partie des quatre cépages nobles à côté du riesling, du pinot gris et du gewurtraminer. Il en existe deux variétés qui sont assemblées en fonction des millésimes selon les conditions climatiques (l’ottonel est moins présent en 2008). L’encépagement de muscat est assez faible : 2 à 3 % du vignoble alsacien. Chaque vigneron en propose une cuvée généralement dans son catalogue. Il en existe aussi dans les grands crus. « Il n’est pas facile de le faire exister à coté du gewurtraminer et les clients habitués aux muscats produits dans le sud sont étonnés de ne pas trouver de moelleux dans nos muscats secs d’Alsace », poursuit Julien Beck. « Pour les vignerons alsaciens, ce sont des cuvées d’amateurs qu’ils conseillent de servir avec des asperges, des légumes amers et du brie de Meaux ! », conclut l’oenologue qui a fait ses classes à Dijon.