Plutôt déguster que tomber dans l’addiction dit la sociologie

Club de dégustation sans nom – jeudi 19 mars 2009 – Michel, le sociologue nous parle d’addiction et d’alcool. Il évoque le coup de tonnerre que le rapport du professeur Roques, commandé par Bernard Kouchner, a produit quand l’alcool s’est retrouvé classé en tête de la dangerosité, au même titre que l’héroïne, parmi la liste des produits ayant un effet psychotrope – le cannabis arrivant quasiment en dernier. L’alcool.. un psychotrope ? oui, parce qu’il a une incidence sur le cerveau et change les sensations.
Le rapport à la dépendance varie en fonction de la manière de consommer le produit et du contexte social. Les travaux de Philippe-Jean Parquet spécialiste à Lille ont séparé les consommations épisodiques, récréatives, celles qui sont régulières, et celles considérées comme excessives. La limite de la perception de la dangerosité résulte d’une construction sociale, comme le montre l’évolution de la norme en France qui s’appuie toujours sur un avis scentifique.
Plus la consommation est précoce -avant 16 ans – plus la personne est sensible à l’intégration d’un rapport de dépendance au produit. On constate aujourd’hui des consommations à partir de 10-11 ans souvent considérées comme anecdotiques par les familles, fonds de verre finis…
La relativité de la dépendance au produit, le rapport au contexte et les habitudes culturelles, sont trois éléments fondamentaux dans la compréhension de la dépendance à l’alcool comme l’illustre ce livre écrit par un ethnologue : « Manière de boire, la consommaton d’alcool chez les dockers du Havre« . Ainsi, les dockers avaient comme rituel le samedi soir d’organiser une biture collective, qui était régulée, une limite implicitement fixée sur les temps et les états d’imbibation. Le groupe avait réussi à tenir ces bornes pendant longtemps. Quand la situation dans les chantiers s’est dégradée, le statut est devenu plus précaire, la cohésion du groupe s’est défaite, mais l’habitude de consommation était inscrite et a continué sans régulation entrainant des troubles plus graves, des comas, etc.
L’addiction a quelque chose à voir avec la construction d’un circuit dans le cerveau qui va associer différents éléments avec l’anticipation de l’effet recherché. Les neurobiologistes travaillent beaucoup sur la durée des effets induits par la structuration d’une habitude de consommation. Ceux-ci peuvent durer un certain temps et même très longtemps après que l’on ait arrêté de consommer le produit.
Deux lueurs d’espoir : tout se rééduque car le système de la dépendance commence par l’apprentissage dans un premier temps. La dégustation est un élément de prévention de l’addiction.
Moralité : arrêtez de boire, dégustez ! et pour être sûr de ne pas tomber dans la dépendance, mettez la barre haut, concentrez vous sur les beaux vins comme ce Meursault 1er cru Les
Caillerets 2007 du domaine de Fernand et Laurent Pillot… tout en grâce et en légèreté.