Vendanges tardives d’Alsace ou vendanges levroutées d’ailleurs… incrachables

Club de dégustation JeudiVin – (photo Claudine Direr) séance du jeudi 9 avril 2009 sur le thème des vendanges tardives – une séance inaugurale dans une enceinte toute rénovée – LA séance où cracher relève de l’héroïsme – Une séance à la bonne franquette qui pourrait faire pleurer de regret les absents s’ils savaient…

Une séance qui a démarré par un brillant exposé de nos deux comparses C & C devenues incollables – comme par hasard – sur ce que l’on appelle en France les vendanges tardives :
« sous l’impulsion de Jean Hugel, un décret de 1984 a accordé la dénomination exclusive Vendanges tardives à la région Alsace en fixant des teneurs en sucres minimales de 220 g/l pour les VT de muscat et riesling et de 243 g/l pour les vendanges tardives de pinot gris et de gewurtraminer. La mention « Grains nobles » désigne des sélections spéciales quand certaines années la pourriture noble (botrytis cinerea) se met de la partie (pour le gewurtraminer et le pinot gris) » ont elles exposé dans un silence pyramidal.
Le clou de la soirée fut l’abord des « vendanges levroutées » dont l’officialisation de la mention a été demandée par les vignerons en appellations mâcon et viré-clessé. Toutes les autres régions viticoles françaises qui pratiquent les vendanges tardives à l’alsacienne doivent trouver un autre nom pour les désigner en sachant que les vins se définissent aussi en fonction de leurs teneurs en sucres :
  • vin sec entre 0 et 4 g / litre
  • vin demi-sec entre 4 et 12 g / litre
  • vin moëlleux entre 12 et 45 g/ litre
  • vin doux : plus de 45 g / litre.
En résumé les vendanges tardives des Alsaciens se veulent comme le Champagne des Champenois… une appellation réservée.
La cave de l’insolite (30 rue de la Folie méricourt 75011 Tél. :01 53 36 08 33 ouvert tous les jours de 10H30 à 20H00) spécialiste des vins « nature » et bio a encore une fois fourni un choix de vins intéressants :
  • Côteaux du layon (Agnès et René Mosse) : pas noté l’année mais les arômes de beurre fondu, de gentiane et de café.
  • Jurançon Dom Reyan 2002 (Bascourret) : sur la fraîcheur des agrumes avec un côté pierre à fusil curieux
  • Vouvray 2003 (Hervé Villemade) : ahhh ! la pomme du chenin
  • Arbois vin de paille domaine Foret : arômes de figue, de noix, raisins secs, clou de girofle et de cuir.
  • Vendanges tardives cru Kaefferkopf de Binner 2003 (non sulfité !) : une longueur en bouche formidable avec l’équilibre idoine entre l’acidité et les sucres qui déploient successivement les parfums de litchis, de rose, d’agrumes, d’abricot, au nez comme en bouche.
  • Vin italien Grenobilis 1996 (cépage carcaneda) importé par Jacquesson : d’une grande complexité aromatique, beurre, abricot sec, caramel, bananes, pain d’épices, oranges amères, vanille, la bouche ne déçoit pas, les oreilles rebattues par le charme enchanteur d’un bel italien inconnu…
La prochaine séance PW planche sur le viognier, il fallait bien trouver un prétexte pour goûter un Condrieu dont elle raffole… accord voté à l’unanimité des présents. Au jeudi 28 mai 2009…