Guilo Guilo, le restaurant d’un grand chef japonais qui sait frapper les trois coups

Table du soir - Au Guilo Guilo officie un jeune chef japonais très réputé. Eiichi Edakumi vient de Kyoto. Sa cuisine rythmée joue l’alternance entre des saveurs iodées de la mer qui déferlent sur la langue comme une très longue vague, et des notes d’épices joliment voyageuses ; légumes et poissons main dans la main ; riz blanc cuit à la perfection… Cette vidéo vous donne l’ambiance du lieu.

Au Guilo-Guilo, le programme change chaque mois. Tout se déroule comme au théâtre. D’abord il faut réserver. Premier contact téléphonique.
– « Combien serez vous ?  »
– « Deux personnes  »
– « Vous serez au bar ».
– … « Ah… bon ?! »
– « Vous confirmerez la veille par texto, je vous donne le numéro… »
– « Ah oui ? »
– « A quel horaire viendrez-vous, 19 h ou 21 h ? »
– « … heuhhh… »
Vous n’avez jamais vu ça. Vous hésitez. Faut il y aller ? Nous sommes d’accord, l’accueil n’est pas engageant. Mais vous vous accrochez. Et le jour dit… à 18 h 55 , patatras vous trouvez quelques « chacun » devant le 8 rue Garreau qui attendent leur « chacune ». Une assemblée éparse sur le trottoir comme devant un… théâtre. Dedans les acteurs déjà au piano s’agitent en tenue blanche. Timidement la porte est poussée. Une ouvreuse vous invite à vous asseoir. La représentation commence. Avant chaque plat, quelques mots d’explications vous accompagnent avec un accent pas toujours facile à décoder. Le chef vous sourit, il semble guetter fugitivement une expression sur les visages rassemblées autour de lui. Après le dessert, tout se détend. Une impression d’ entracte. Les spectateurs auraient tous envie d’applaudir, mais le chef a déjà filé se délasser un court instant. L’équipe en cuisine commence à plaisanter, il est temps de payer et de laisser la place aux suivants. Le second service démarre à 21 h. Et moi je reviendrai bien le mois prochain, je vais demander si le chef a prévu un abonnement…

La formule menu reste immuable pendant un mois : défilé de six plats dont un dessert en trois notes sublimes.

Plat le plus épatant ? une courgette cuite vapeur où sont déposés corail d’oursin, céléri et crabe.

Boire quoi ? un Ginjô, le haut de gamme de la famille des sakés (vin de riz qui titre seulement 14 % vol.) celui servi très frais ce soir de février passe haut la main sur tout le repas avec son arôme de pomme verte (10 € le verre).

Cher ? Que nenni 45 € le menu pour un tel programme et le soir à Paris de surcroît, c’est un excellent rapport qualité prix.

Avec qui ? mon amie sommelière incollable sur les Ginjô qui soupire de bonheur avant, pendant et après chaque bouchée ; mes enfants qui n’ont jamais encore connu la cuisine japonaise ; mon fiancé qui adore être surpris ; ma maman pour qu’elle en parle encore dans dix ans à toute la tribu… eh… finalement… beaucoup de monde en vérité.

Où ça déjà ?
Au Guilo Guilo 8 rue Garreau 75018 Paris
Métro : Abbesses
Tel :  01 42 54 23 92
Réservation obligatoire
Confirmation la veille par texto 06 14 67 63 05

Deux services 19 h et 21 h 30

Fermé le lundi
www.guiloguilo.com

Du côté des chroniqueurs gastronomiques :
Table à découvert
François Simon