Bientôt sur les écrans - « Quand l’humain s’éveillera… » pourrait s’intituler le film documentaire de Coline Serreau présenté le 12 février à la presse. « Solutions locales pour un désordre global » est le titre sérieux d’une enquête internationale formidable. Parole est donnée aux éveilleurs de consciences du monde agricole disséminés aux quatre coins du globe, qui tous, sont entrés en résistance.
« La terre est féminine et fertile », est le leitmotiv du film de Coline Serreau dont le regard, toujours, reste tendre. Un regard humaniste. « J’ai compris profondément ce que signifiait la biodiversité avec ce film », déclare la cinéaste lors de l’avant première. « La biodiversité n’est pas seulement un catalogue de semences. La biodiversité ce sont des semences adaptées à chaque sol, à chaque climat, et surtout c’est la clef de la liberté. Si on l’enlève c’est la perte de la capacité à se nourrir, c’est la destruction de l’autonomie« . Les acteurs de ce film sont les victimes et les résistants du monde paysan face à la « Révolution Verte » des années de chimie d’après guerre … L’on y rencontre voit des petites gens, qui tous, à la fin, donnent à voir leurs très beaux sourires.
Philippe Desbrosses, fondateur de la ferme de Sainte Marthe, témoigne de son inquiétude face à la disparition affolante des exploitations agricoles , au rythme d’une ferme toutes les 20 minutes, 30 000 par an.
Dominique Grillet fondateur de l’association KoKopelli régulièrement condamnée parce qu’elle ose contrevenir au système français du monopole du catalogue national des semences hybrides pour le commerce et partager la multitude de graines de variétés anciennes de plantes, tomates notamment qui seraient perdues sans cette action.
Claude et Lydia Bourguignon qui ont quitté l’Institut national de recherche en agronomie pour fonder un laboratoire indépendant témoignent et nous montrent les sols morts séchés, compactés, malodorants et les sols vivants, grumeleux avec une bonne odeur de champignons. « La bonne terre c’est comme du couscous« . Ils font partie des derniers spécialistes de la microbiologie des sols. Une discipline fondamentale qui n’est plus enseignée aux ingénieurs agronomes en France depuis 1986. Comment est ce possible ?
Les situations agricoles de l’Inde, du Brésil, de l’Ukraine et de l’Afrique sont également montrées.
Pierre Rabhi défend une idée positive de l’Afrique. « Non le continent africain n’est pas pauvre, il est immensément riche ! riche d’une population jeune, d’espaces et de matières premières ».
Jadis les femmes indiennes régnaient dans les champs et préservaient les graines. Aujourd’hui les familles sont amenées à tuer les foetus filles pas suffisamment intéressants pour le système. Une estimation de 35 millions d’avortements de filles est évoquée. L’ONU aurait souhaité que le film de Coline Serreau n’évoque pas le foetocide monstrueux qui s’opère dans ce pays à la croissance de plus de 9 %. Dans ce pays à agriculture ouverte aux OGM, les paysans ruinés et déracinés peuplent les bidonvilles avec leurs bêtes faméliques quand ils ne suicident pas en buvant fréquemment des pesticides !
Le film parle aussi longuement des paysans brésiliens du mouvement sans terre, qui sont considérés comme des renégats mais ont retrouvé le sourire.
Désespérant ? Du tout. La conclusion du film est positive. Coline Serreau montre des voies possibles avec le concours des consommateurs. Revenir aux cultures vivrières bio pour assurer une autonomie locale. Contrairement à ce que l’on entend partout, l’agriculture biologique a les moyens de nourrir la Planète. Des experts réunis au sein de FAO l’ont déclaré dernièrement avant d’être contredit par la suite… Dans ce film ce sont les paysans du monde entier qui ont bouté hors de leur ferme les industriels vendeurs de pesticides, d’engrais chimiques, de désherbants, de fongicides et maintenant de semences OGM dans la droite lignée de la mort des sols, qui nous le disent dans un bel ensemble et sans s’être concertés. Cela donne de l’espoir. Soutenons les !
Solutions locales pour un désordre global
Durée : 1 h 50.
SORTIE LE 7 AVRIL 2010
www.solutionslocales-lefilm.com site ouvert le 1er mars 2010
« Je dispose de 170 heures de rush prêts à être exploités par thématiques selon l’accueil du public », répond Coline Serreau.
voir la vidéo interview de Coline Serreau sur le site de Slow Food.


