Les crevettes impériales de Marc Soubielle à Marennes Oléron sont élevées de manière naturelle sans aucun traitement

 

Marc Soubielle, ostréiculteur de Marennes Oléron s'est spécialisé dans la crevette impériale pour faciliter l'engraissement de ses huîtres "pousse en claire" (photo V&C).

Direct producteur - Pendant quatre mois, d’août à décembre, c’est la pleine période de production ostréicole à Marennes Oléron.  Preuve de son extrême gentillesse,  malgré son emploi du temps chargé Marc Soubielle a accepté de m’ouvrir  les portes de son exploitation un matin, afin de présenter, de visu,  ses crevettes impériales. Une rareté française.

Ses 80 claires produisent 3 tonnes de crevettes impériales, soit grosso modo 10 % de la production française qui varie entre 30 et 40 tonnes selon les années.

Il s’agit de la seule crevette élevée en France. Cette espèce tropicale craint le froid. Si bien que la période de production démarre fin juillet et s’achève fin novembre. Juste avant les fêtes. C’est dommage, car cette crevette vendue vivante  mériterait plus de notoriété. Elle fait partie des produits ultra frais destinés aux gastronomes éclairés et quelque peu fortunés. Vendue 23,50 € le kilo  au départ de l’exploitation, elle s’affiche sur les étals entre 40 et 60 € le kilo en poissonnerie.

Spécimen de crevette impériale vendue vivante entre 40 et 60 € le kilo au consommateur jusqu'à fin novembre. (photo V&C)

L’intérêt principal de cette culture associée pour les ostréiculteurs est d’empêcher la formation d’algues dans les claires, et ainsi de permettre à la  pousse en claire de Marennes Oléron de  mieux se nourrir puisque la caractéristique de cette huître  label rouge est d’être  vendue la plus grasse possible.

Bio ? Quelques producteurs de Marennes ont franchi le pas,  respecte le cahier des charges de l’agriculture biologique et vendent leurs crevettes bio. Il leur en coûte près de 400 € chaque année pour être contrôlé par un organisme indépendant.

Crevettes vendues vivantes transportées dans des caisses isolantes (photo V&C).

« J’adhère au principe bio« , déclare  Marc Soubielle, « Mais l’appellation bio est devenue trop commerciale selon  moi et est apposée sur n’importe quoi. Je suis bien au-dessus de ce qui est exigé comme les autres éleveurs de crevettes français qui ne traitent pas. Les seules garanties du cahier des charges portent sur l’origine des granulés qui servent à nourrir les proies des crevettes et qui se composent actuellement de farines de poisson, de maïs et de blé. Je passerai sans doute au label bio comme les autres, mais sans conviction« .

Ce  produit  est naturel, ni traité ni manipulé. Ce qui est loin d’être le cas de la crevette d’importation, vendue morte et traitée aux métabisulfites afin d’éviter le noircissement du sang du crustacé qui contient du cuivre et risque dans ces conditions de noircir au contact de l’air.

Outre la présence de sulfites sur les gambas, les élevages intensifs traitent aux antibiotiques pour éviter la mortalité liée aux forts  rendements.

Une claire de Marennes Oléron produit 500 kilos par hectare de crevettes par an environ (photo V&C)

Quand, à Marennes Oléron les rendements sont de 500 kilos par hectare et par an, à raison d’un cycle unique de production, ailleurs ils atteignent 20 tonnes par an à raison de deux trois cycles.

L’association de producteurs, Acrima, a créé une marque commerciale « Crevettes impériales vivantes des Marais Charentais ».

Lire  le dernier GaultMillau n°45 Spécial Fêtes de novembre-décembre 2010.