Les études nutritionnelles ont beau découper le bol alimentaire, le consommateur devine ce qu’on refuse de lui dire, démonstration pomme à l’appui

Breizh Café de Cancale - photo M.S.

Humeur  – On nous dit : la peau est la meilleure partie de la pomme, elle  renferme des anti oxydants, des polyphénols, des flavonoïdes et de la quercétine ; des choses très utiles pour l’organisme. Mais on ne nous dit pas qu’elle est  aussi truffée de pesticides et qu’il ne suffit pas de la laver pour s’en débarrasser.

Hier après midi, c’était au tour de l’association nationale Pommes Poires française qui regroupe 60 % de la production française d’inviter la presse à la Faculté de médecine pour communiquer. Un lieu sérieux qui mettait la barre au plus haut. La nutritionniste très prolixe, « invitée » par les professionnels pour commenter les nombreuses études,  pendant une heure, a donc exposé d’une voix claire les bienfaits de la pomme.

Et c’est vrai, elle avait raison de dire que la pomme est vraiment un fruit génial : coupe-faim peu calorique (45,8 Kcal), hydratant (80 % d’eau), riche en fibres (évite la constipation), présentant des vertus apéritives (grâce à l’acide citrique et l’acide malique qui  fait saliver avant le repas et  stimule les glandes qui aident à digérer), offrant des basses calories à forte densité nutritionnelle, des propriétés anti cancer (riche en polyphénols surtout les pommes rouges chargées d’anthocyanes), mais des études récentes ont montré que la pomme  a aussi une action au niveau pulmonaire, des maladies neurodégénératives…  et là je m’arrête,  car je pourrais recopier les pages entières qui m’ont été distribuées comme à tous mes confrères et consœurs,  vous voyez,  moi aussi, je ne peux m’empêcher de vous « faire l’article ».

La cause est entendue depuis longtemps,  la pomme est bonne pour la santé, mangeons en.

Mais quand à la troisième question d’un journaliste après l’exposé, un confrère a demandé des précisions pour savoir si des études avaient analysé les conséquences  de la consommation de pomme  avec la peau  alors qu’elle est chargée en pesticides sur au moins un  centimètre d’épaisseur…

– « Je suis comme vous « , a répondu la nutritionniste désarmée,

– « Il n’y a pas d’étude ! ».

Mais étude ou pas, la jugeote aurait  recommandé de dire à haute voix qu’il faut pour le moment manger des pommes  bio tout simplement, et rêver que les professionnels consacrent leur argent à  reconvertir massivement tous les vergers afin que plus de monde en profite.

En sortant de la conférence,  je suis passée faire mon marché chez un distributeur bio, qui, justement, n’avait plus une seule  pomme bio, dévalisé !  une grosse partie des consommateurs était  passée avant moi. Alors je suis repartie  d’un pas tout léger.