Deux mois après la catastrophe nucléaire de Fukushima, qu’en est il en France des aliments à risque ?

Question à un expert -Vin&Chère : Les conseils de prudence diffusés au mois d’avril, pour l’alimentation des enfants et des femmes enceintes et allaitantes en France sont ils toujours en vigueur aujourd’hui  ? (lire ci-dessous)

Corinne Castanier, directrice Criirad donne cette réponse le 13 mai 2011 « Les niveaux de contamination ont fortement baissé et globalement il n’est plus nécessaire de limiter sa consommation des produits à risque ». Merci à elle pour sa promptitude à répondre et son travail citoyen.

Conseils publiés en avril sur le site Criirad :

« Dois-je faire attention à mon alimentation ?
Criirad : La réponse à cette question est un choix individuel. Les risques sont certes très faibles, mais si l’on tient compte de la durée possible de la contamination, de l’existence d’habitudes alimentaires particulières et de la vulnérabilité de certains groupes de populations (enfants, femmes enceintes ou allaitant), on n’est plus dans le domaine du risque négligeable et il semble utile d’éviter des comportements à risque.

La directive Euratom 96/299 définit les principes généraux de radioprotection en vigueur en Europe. Elle indique que l’impact d’une activité nucléaire peut être considéré comme négligeable si la dose de rayonnement qu’elle induit ne dépasse pas 10 μSv/an 10. Au-delà de cette valeur, il convient de réfléchir aux mesures qu’il est possible de mettre en oeuvre pour diminuer les expositions. Dans le cas des retombées radioactives de FUKUSHIMA DAIICHI, il s’agit essentiellement de limiter l’ingestion d’iode 131. La quantité d’iode 131 susceptible de délivrer une dose de 10 μSv varie fortement en fonction de l’âge du consommateur. Les enfants en bas âge (0 – 2 ans) sont les plus vulnérables : l’ingestion d’une cinquantaine de becquerels d’iode 131 suffit à délivrer à leur organisme une dose de 10 μSv. Si les aliments à risque (légumes à feuille, laits et fromages frais…) contiennent de l’ordre de 1 à 10 Bq/kg, voire plus, il est tout à fait possible d’imaginer qu’en 2 ou 3 semaines le seuil de référence de 10 μSv/an puisse être dépassé. Il est cependant facile de limiter les expositions à des niveaux négligeables en veillant à ce que ces aliments ne constituent pas, tout au long du mois d’avril, la base de l’alimentation de la famille. 0n peut ainsi préférer le lait « longue conservation » au lait frais, ne pas faire d’excès avec les fromages frais de brebis, les blettes, les salades ou les épinards. Ces mesures de bon sens concernent tout particulièrement les enfants, les femmes enceintes et les mamans qui allaitent.

NB : la valeur prise en référence par la CRIIRAD est le seuil du risque «dit « négligeable » soit 10 μSv/an (ou 0,01 mSv/an). Il ne doit pas être confondu avec la limite de dose maximale admissible de 1 mSv/an qui est 100 fois plus élevée. Même en imaginant une alimentation centrée sur les aliments qui concentrent la radioactivité, les niveaux d’exposition en France devraient rester nettement inférieurs à cette valeur. Pour les habitants de la côte ouest des Etats-Unis, la situation est sensiblement différente. Pour des explications plus détaillées lire : doses induites par l’ingestion d’iode 131

Combien de temps va durer la contamination ?
Criirad : A ce jour, on ne peut que donner une durée minimale : d’importantes quantités de produits radioactifs sont rejetées par la centrale nucléaire de FUKUSHIMA DAIICHI depuis le samedi 12 mars. Ce mardi 5 avril, soit 24 jours plus tard, les rejets continuent. Cela signifie que les apports d’air contaminé sur l’Europe dureront tout autant, avec un décalage dans le temps lié au déplacement des gaz et aérosols radioactifs sur quelques 15 000 km.

Bien sûr au Japon c’est un tout autre menu…

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