Nicolas Feuillatte s’essaye au champagne bio… aussi

Un 24 septembre 2012 en Champagne.

Dans les coulisses du champagne Nicolas Feuillatte pendant les vendanges 2012 à Chouilly.  

Nicolas Feuillatte est la marque de champagne que je recommande à mes proches qui achètent en grande surface. Les dégustations à l’aveugle de 60 Millions de Consommateurs consacrent souvent le brut sans année  parmi les meilleurs (14/20 en 2010 et  2007). C’est également le fournisseur du champagne d’Auchan Veuve Emille, souvent bien placé au palmarès. Je le sais assez régulier, plaisant, le bon rapport qualité prix…  faute de mieux à la maison.

Un slogan maison. Sur place, le leitmotiv des équipes est de dire « Le champagne n’est pas un produit de luxe, c’est un produit de confort…« . Pourtant depuis l’arrivée de la nouvelle responsable marketing venue de l’univers des parfums, l’habillage des bouteilles a pris les codes du luxe : noir et or.

Y a t il un Monsieur Nicolas Feuillatte dans le chai ? Nicolas Feuillatte est le nom d’un français émigré aux États Unis. Taillé pour l’aventure avec  un  physique de James Bond, cet homme  fit fortune dans l’importation de café africain.  Son nom est devenu une marque de champagne le jour où il acquit  douze hectares de vignes à Bouleuse, près de Reims apprécié par la jet set new-yorkaise.  Ce nom va conquérir la France dès qu’il est revendu en 1986 au Centre vinicole de Champagne, une union de 82 coopératives créée en 1928  qui fédère 5 000 viticulteurs et couvre 2 250 hectares de vignoble, 7 % de l’appellation ! Nicolas Feuillatte c’est donc ça, un centre ultra moderne équipé pour stocker 100 millions de bouteilles, composé de viticulteurs coopérateurs actionnaires.  Un mélange de gigantisme qui s’appuie sur de solides valeurs humaines.

chardonnay 2012 exceptionnel

Le prix du kilo. L’esprit coopératif mène à des partenariats  durables qui commencent par bien rémunérer le kilo de raisins. Depuis 2003 dans toute la Champagne, les prix sont négociés librement, ils varient de 5 à 6 €.  Un kilo donne 0,63 litre de jus. Pour une bouteille de 0,75 cl il faut 1,2 kilos  de raisin.

Cépages. La champagne pioche dans trois cépages principaux le chardonnay, le pinot noir et le pinot meunier. Le brut sans année Nicolas Feuillatte associe 40 % de pinot meunier 40 % de pinot noir et 20 % de chardonnay dont 30 % de vins de réserve. Il représente 80 à 85 % des volumes produits. Dans l’assemblage du BSA rentrent une centaine de vins différents.

Un laboratoire. La coopérative presse les raisins, puis les jus sont transportés en camion citernes chez Nicolas Feuillatte à Chouilly. Sur place, le volume de la  cargaison est vérifié et un prélèvement est opéré. Tout est tracé.

Tous les marcs sont analysés à l’arrivée au laboratoire.

Vendanges 2012.  Avec une récolte moyenne de 8 000 kilos de raisin par hectare, l’année est faible. La filière a fixé à 11 000 kilos le  rendement maximum autorisé. Cela signifie que les vignerons vont devoir sortir de leur réserve individuelle 3 000 kilos de raisins pour atteindre le quota – s’ils les ont ! Grâce à leur prévoyance et leur sens de l’organisation, les Champenois ne manquent pas souvent de raisins et les prix restent stables.

David Hénault chef de caves, œnologue devant la cuve de pinot meunier.

« Cette année est aromatique, ça sent très bon dans toute la cuverie ! « , commente David Hénault, le chef de cave du centre vinicole. Lui, ce qu’il préfère c’est gouter le pinot meunier. Il faut dire que même sur cuve, le cépage exprime la générosité des fruits à chair blanche pomme et  poire, un pur délice. Gourmand, l’homme cuisine les recettes de sa grand-mère au champagne.

Le bio ? Depuis deux ans un pressoir est consacré aux raisins bio. C’est surtout pour le marché scandinave où il existe une petite demande. 25 000 bouteilles ont été élaborées en 2011 vendues au même prix que le brut sans année. Pour David Hénault cela n’est pas plus compliqué de faire du champagne bio. Le seul souci ce sont les raisins. 2012 a été particulièrement difficile pour ceux qui travaillent en agriculture biologique et  qui ne disposaient pas des mêmes possibilités de traitements pour contrecarrer les attaques de mildiou.Certains n’ont rentré que 1 500 kilos de raisins / hectare. Les étiquettes des premiers champagnes bio 2012 ont aussi posé quelques tracas…

chaîne d’embouteillage.

Et la visite ? Sur rendez-vous du lundi au vendredi toute l’année, la visite peut s’effectuer en cinq langues et se  termine par la dégustation d’une flûte (7 €).

Centre Vinicole Champagne Nicolas Feuillatte Chouilly 51206