Les vins divins des soeurs paysannes orthodoxes du monastère de Solan méritent votre visite annuelle au salon Marjolaine

Les vins du monastère de Solan reflètent toute une histoire, vins de sœurs paysannes orthodoxes, vins en biodynamie, étiquettes enluminées… bien sûr en prime ils sont divins. photo M.S.

Les vins du monastère de Solan présentés chaque année au salon  Marjolaine présentent une particularité : ils sont délicieusement cohérents (bon, bio, inspirés)  et chargés de sens, comme le laissent entrevoir  leurs magnifiques étiquettes enluminées,  réalisées selon des méthodes traditionnelles puisées en Grèce par Jean-Paul Juen. Ce sont d’authentiques œuvres d’art qui annoncent joliment le travail méticuleux qu’il a fallu consacrer pour offrir ces bouteilles là.
J’ai eu la chance en avril 2003 d’assister aux rencontres Ecologie & spiritualités organisées par l’association WWF avec des représentants de différentes confessions (pour lire le dossier sur l’écologie et la spiritualité sur le site de la revue Nouvelles Clés, cliquez ici.) Mère Hypandia, alors, nous avait conté l’histoire du monastère de Solan avec beaucoup de cœur. Son récit que, je me souviens, elle avait lu d’une voix très claire, fut accompagné d’un silence respectueux.
Le monastère de Solan fut fondé en 1978 dans l’arrière pays gardois et repris par des femmes religieuses orthodoxes. Elles ne savaient rien des questions agricoles mais avaient à s’occuper de 60 hectares de terre. Pierre Rabhi vint à leur secours pour leur prodiguer ses précieux conseils. Il leur dit : « La terre c’est l’avenir, à condition de l’observer et de savoir l’écouter… ». Il dit aussi ‘La terre va vous nourrir mais pas vous enrichir ».  Pas d’hybride, rester maître des semences, l’autonomie avant tout, diminuer le poids des intermédiaires, valoriser les produits de la terre, vendre localement…
Courageusement ces femmes firent d’une ferme en polyculture, un domaine viticole. Elles plantèrent de nouvelles vignes et décidèrent de cultiver selon les règles de l’agriculture biologique dans le respect de la nature. « La terre nous en sommes responsables, c’est la responsabilité que Dieu a placé en l’homme le soir du 6ème jour… pas question de mettre des pesticides, », déclarait en 2003 au Mont Saint Michel,  mère Hypandia, supérieure de la communauté de quinze moniales.
Les premières vendanges eurent lieu en 1992. Puis le domaine prit son autonomie et quitta la cave coopérative. Depuis septembre 1999 tous les vins sont faits sur place et mis dans des amphores de terre cuite enterrées au pied des arbres. « Tout ce travail représente un vrai combat ! », avait conclu mère Hypandia.
Les vins du monastère de Solan ont conquis les cavistes – notamment Bruno Quenioux qui les référence dans sa cave parisienne. Avis aux amateurs et amatrices.
{visites Marjolaine 2009 et 2012}