Un reportage de noël au domaine Josmeyer, et l’annonce d’étiquettes signées par Isabelle Meyer, l’artiste aux yeux bleus

Isabelle Meyer, Christophe Erhart, Céline Meyer (de gauche à droite).

Isabelle Meyer, Christophe Erhart, Céline Meyer (de gauche à droite). Reportage déc.2014 | photos M.S.

Nous étions toute une troupe de journalistes à visiter le domaine Josmeyer. Partis la fleur au « Canon » en Alsace, le 1er décembre 2014. J’appris bien vite que nous étions un jour feuille, dans le calendrier lunaire, comprenez « Pas idéal pour déguster« . Mais un jour de nœud lunaire, comme le 16 décembre 2014, par exemple, ce serait encore pire. A Wintzenheim, près de Colmar, quand le visiteur passe la porte des Meyer, il arrive dans une cour ; sur la droite un bâtiment bleu attire les regards ; un arbre trône au milieu. Des œuvres d’art sont posées ici et là, l’air de rien. Ce goût prononcé pour l’art vient de Jean Meyer, le père, qui a confié à sa fille Isabelle tout son matériel de dessin. « Tout était neuf, il n’y avait jamais touché…« , s’étonne encore Isabelle. Depuis 1986, les étiquettes  sont signées par des artistes, souvent alsaciens. Celle du dragon noir de R.F Wayddelich, bien pourvu du côté des  parties génitales, a subi l’outrage de l’émasculation pour avoir le droit de franchir les Etats Unis ! En France, personne n’avait forcément remarqué le bel appendice.

Les amants bleus dans la cour

Les amants bleus dans la cour de la maison Josmeyer.

Il y a cinq ans, les filles de Jean Meyer ont pris les rênes de l’entreprise. Isabelle vinifie tous les vins. Céline  a pris la tête de l’entreprise. Christophe Erhart, l’ex-mari d’Isabelle s’occupe de la partie vignoble, de la culture en biodynamie. Quand il en parle, il devient intarissable.

Isabelle Meyer, vinifie les vins du domaine Josmeyer.

Isabelle Meyer, vinifie les vins du domaine Josmeyer aux côtés de Christophe Erhart.

Isabelle a fait des études au lycée agricole. Mais le dessin trottait déjà dans sa tête, comme son père. En février 2015, ses premières étiquettes sortiront avec la cuvée Mise de printemps 2014. Elle nous les a montrées sous le seau du secret. Splendides. J’y reviendrai. J’avoue que, en goutant Mise du printemps 2013, j’aurais bien bu le verre et la bouteille au lieu de cracher.  Le vin le plus polyvalent qui soit. Croquant. Le roi de l’apéro, sans faillir à table, présenté avec une entrée comme des coques, une salade,  un plat raclette ou une tarte aux légumes. Des suggestions soufflées par Isabelle. Cette cuvée figure parmi les spécialités du domaine. « En 1986 mon père a eut l’idée de dater un vin et d’assembler du pinot blanc avec de l’auxerrois. Chaque cuvée est unique, le pourcentage varie chaque année », précise Isabelle.  La jeune femme a su y mettre toute son attention dès ses débuts en 1993. « Les clients étrangers attendent cette cuvée de printemps chaque année. Il ne faut pas le rater, c’est le premier vin qui part de nos caves, on en produit 20 000 bouteilles par an, c’est le moins cher de notre gamme, 9,95 € », précise Céline

partout noël, saint nicolas, un costume de père fouettard dans un bâtiment

Partout s’affiche noël en Alsace ;  au domaine Josmeyer à l’entrée d’une grande salle, un costume de père fouettard reste accroché, le même qui faisait pousser de hauts cris aux petites filles.

Isabelle Meyer a ses idées bien à elles.  « Mon père n’a jamais voulu faire de rouge, c’est pourquoi nous ne produisons pas de crémant. En 1996 j’ai commencé à faire du pinot noir, et j’y tiens. Nous sommes les seuls à avoir autant de pinot noir et à ne pas faire de crémant. Ce cépage va être introduit sur le Grand Cru Hengst dans deux ans d’ailleurs, treize vignerons ont planté. Hengts signifie « étalon » en alsacien. J’ai aussi replanté du gewurztraminer. Le pinot gris et le riesling sont des cépages très intéressants. Nous on a beaucoup de riesling ».

Des étiquettes signées par des artistes, pour les prochaines en 2014 c'est Isabelle qui s'y colle...

Des étiquettes signées par des artistes, pour les prochaines en 2014 c’est Isabelle Meyer qui s’y colle…

Ce domaine a beaucoup de particularités. Vingt-six hectares découpés en 90 parcelles. « C’est un casse tête au moment des vendanges ; tout ramasser prend quatre semaines et occupe jusqu’à 45 vendangeurs ; même quand on démarre un peu en avance, on finit toujours en retard », commente Christophe Erhart avec un rire un peu jaune. Le dernier millésime a été compliqué. 200 000 bouteilles en moyenne. Mais beaucoup moins en 2013 et 2014, des années où le climat semble avoir déraillé. Le plus extraordinaire se trouve dans la cave, construite par le grand-père après la guerre, vingt-neuf foudres  du XIXe siècle. Un trésor. La cave sent bon, l’on s’y sent bien. Un lieu d’inspiration. (Voir la vidéo d’Isabelle  ci-dessous).


Tout l’ensemble est cultivé en biodynamie, avec de faibles rendements, des composts, des tisanes de prêle, d’ortie et d’osier, quand il faut renforcer le végétal, et cela permet de réduire de trois fois les doses de cuivre total. Au chai, rien que les levures indigènes, un minimum d’ajouts, moins de sulfites qu’en bio, et à toutes les étapes une attention au calendrier lunaire. Tous ces soins produisent des vins d’une grande finesse.

Ce qui vaut au domaine des commentaires élogieux des spécialistes français : « Un style de vin sec permis par une grande rigueur à la vigne comme à la cave« , sous la plume d’un chroniqueur du guide Bettane & Desseauve des vins de France 2015.

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Isabelle Meyer, la cinquième génération du domaine Josmeyer.

Collector cette bouteille de l'époque où les noms n'étaient par associés.

Collector cette bouteille de l’époque où le  nom du grand père Joseph (Jos.) et son nom Meyer ne s’étaient  pas encore soudés.