Comme un journaliste solitaire au salon de l’agriculture 2016

Foodtruck médaillés

Foodtruck médaillés

Salon de l’agriculture 2016, une fouille systématique devant les portes d’entrée. « Ouvrez votre veste, madame s’il vous plait », demande le vigile en gilet jaune. D’une voix, un peu plus agacée, il réitère : « Et le sac madame, poussez-le,  je ne peux pas voir votre taille. » Alerte aux kamikazes.
SIA2016
A la porte V, je passe librement une fois encore cette année avec ma carte de presse. Porte la plus lointaine, une fois à l’intérieur, le journaleux doit remonter les halls, 1, 2,3… jusqu’au 7, tout au fond. Sur le trajet d’immenses photos présentent le projet de rénovation du parc d’expositions. Elles semblent excuser l’air de désolation qui plane ici sur le plan architectural et explique l’éventration d’une partie du hall 7 dans lequel des ouvriers tapent, cassent, arrachent. La foule grouillante cache un peu la misère ambiante.

Je suis venue, ici,  pour une  conférence de presse sur le stand de l’huile d’olive Corse. Je prépare « un 2 pages » sur l’huile d’olive. La conférence serait bien tombée, avant. Mais cette année, je dois prendre ce temps à ma charge. Mon client d’une voix suave m’a annoncé la révision de ses tarifs, division du prix de la pige par 3, sous l’argument d’une nouvelle formule, nouvelle rubrique. Moins d’argent,  signifie passer moins de temps,  sans le dire tout haut, cela incite à recaser de la vieille info sans que cela se voit avec un petit coup de chiffon. Le temps c’est de l’argent.  Quel lecteur cela intéressera t il ? Après être restée hébétée un moment, avoir retrouvé le questionnement chronique depuis dix ans dans ma profession… (Se retirer à la campagne ?  Planter des tomates ? Changer de métier ? Devenir biographe ? Ça c’est engagé et réjouissant (parisecriturebiographie.com). Devenir prof de qi gong ? Nouvelle voie aussi engagée et terriblement réjouissante blogtaichi), je me suis rabattue sur l’écriture d’un billet sur ce blog.  Un billet gratuit… n’est ce pas se tirer une balle dans le pied ? Et de répondre : écrire librement n’a pas de prix ! Pour qui ? Pour quelqu’un de mon espèce qui carbure à l’enthousiasme et l’envie de partager.  Une maladie ?  Une nécessité. Sans doute liée à cette part de mystère incrustée dans  l’être humain, né pour …   écrire comme respirer, à son rythme, et aussi continuer à parler du terrain, des gens rencontrés,  de la joie qu’ils font naitre quand ils font ce qu’ils aiment. Sans journaliste de terrain, la  presse se meurt ;  les uns après les autres les journaux deviennent des produits que plus personne ne lit.

SIA2016Sur le salon de l’agriculture, en 2016,  j’ai rencontré des producteurs de banane et de melon venus de Guadeloupe et un paysan  voyageur planteur de graines de moutarde dans la vallée de Seine qui plairait bien à Anne-Sophie Pic et Yannick Alléno… gouté milles choses intéressantes avec les vrais gens. Comme disait mon prof de journalisme, de l’ancienne école, totalement timbré d’actu, « Un bon journaliste est un journaliste dehors ! » . Et demain, allez, je l’écris ce 2 pages, chrono en main, j’envoie du signe. Et par ici  l’info fraiche dans les jours qui viennent.