La radiesthésie, nouvel outil utilisé avec succès en Champagne par Franck et Isabelle Pascal

Un couple de jeunes vignerons talentueux, Franck et Isabelle Pascal

Crédit photo  MARISE SARGIS | Un couple lumineux de vignerons talentueux, Franck et Isabelle Pascal | 19 mars 2016.

Aussitôt goutés, aussitôt adoubés les champagnes de Franck et Isabelle Pascal. Hélas pour nous, ce sont surtout les étrangers qui s’en régalent. Leurs bouteilles s’exportent en majorité (Japon, Grande Bretagne, Italie, États-Unis, Australie, etc). En France, les cuvées sont diffusées surtout dans la grande restauration comme le Mandarin Oriental (Thierry Marx).  Les initiés les dénichent chez quelques cavistes pointus (Lavinia, Les caves du Panthéon…). Encore mieux, et c’est le bon plan de Vin&Chère, la visite sur place. Constituez un petit groupe d’une dizaine de personnes.  Et filez à Baslieux-sous-Châtillon, un village situé entre Reims et  Épernay. Vous pourrez échanger tout votre saoul, avec ces vignerons hors du commun, vous balader  dans leurs vignes à deux pas de chez eux, déguster quelques cuvées pas si accessibles. Le tarif est très honnête :  20 € par personne pour deux heures passionnantes et quatre cuvées dégustées.

Dégustation grand public sur place (20 € par personne) sur rendez-vous 34 bis rue Valentine-Régnier 517000 Baslieux-sous-Châtillon 03 26 51 89 80.

Dégustation grand public  (20 € par personne) sur rendez-vous : 34 bis rue Valentine-Régnier 517000 Baslieux-sous-Châtillon 03 26 51 89 80.

Toutes les cuvées, à commencer par la première, Reliance (38 €), sont réellement exceptionnelles. D’une  finesse de dentellière.  Tous les vins font leur  fermentation malolactique (transformation de l’acide malique en acide lactique qui a pour effet d’arrondir l’acidité) et restent six ans en cave. Cette qualité n’est pas le fruit du hasard.

Isabelle Pascal

Isabelle Pascal.

Isabelle Pascal décrit ainsi leur exigence :  « La qualité est unique, nous sommes les seuls en Champagne à vinifier de cette manière, en étant capable de ressentir le vivant dans notre corps ; pour cela, nous nous sommes formés à  la géobiologie, à la radiesthésie et avons développé notre intuition ;  il nous a fallu 6 ans pour construire notre méthode et avons investi 100 000 €. Par ailleurs nous gardons nos bouteilles 6 ans en cave. Le coût de stockage est important. Travailler en biodynamie nous amène aussi à employer davantage de personnel , un ouvrier par hectare alors que l’usage tourne autour d’une personne pour 3 à 5 hectares. Chaque infime détail – verre de la bouteille, bouchons, muselet – est étudié de près pour respecter le vivant. « 

« Reliance », aérienne 6 ans de cave ; Tolérance, rosé qui laisse s’exprimer la tolérance, sent divinement bon ; Harmonie 2009 blanc de noirs solaire avec une fraicheur apportée par la minéralité ; « Pacfiance » une pure folie 468 bouteilles, datte, café au nez gengiane, caramel, fines bulles serrées et vibrantes (chez Thierry Marx) ; « Sérénité » le sans Soufre ajouté de la gamme, frais et floral, pur et finale curry.

Dégustation de 5 champagnes : « Reliance », un champagne aérien et fruité,  sans sucre ajouté sans liqueur d’expédition 75 % de pinot meunier (2011 et 2010) ; « Tolérance« , rosé qui laisse s’exprimer le côté sombre et lumineux et sent divinement bon ; « Harmonie » 2009 un blanc de noirs solaire et frais grâce à la   minéralité ;  » « Pacifiance » un pur joyau, que 468 bouteilles, datte, café, gentiane, caramel se bousculent au nez, fines bulles serrées et vibrantes comme un zzz d’abeille (chez Thierry Marx) ; « Sérénité » le sans soufre ajouté de la gamme, pur dans ses côtés frais et floral et une finale curry (comme la plante Immortelle) que je retrouve souvent dans les vins nature.

Bulles ultra fines, arômes différents selon les cuvées, et une finale minérale particulièrement agréable et identifiable comme une signature lors de la dégustation. « Stimulant », « fluide », « apaisant », « rafraichissant », chacune de ces sept cuvées s’exprime à sa manière, pour un moment de prédilection.

La Vallée de la Marne, terre du pinot meunier

Printemps 2016 – La Vallée de la Marne, les vignes de pinot meunier de Franck et Isabelle sur le côté droit du chemin.

Franck et Isabelle sont propriétaires de 7 hectares de vignes en Champagne situés dans la vallée de la Marne. Terres vallonnées coiffées de forêt avec les trois cépages dominants (pinot noir, pinot meunier, chardonnay).  Ici, du pinot meunier pour l’essentiel. Le couple  cultive ses vignes en biodynamie et a développé ses propres méthodes liées à son chemin de vie.

Sentir et gouter la terre

Sentir la terre ? D’accord et  la gouter ? propose Isabelle d’un air radieux. Une première surprenante, finalement rien de mauvais, juste un petit  goût de champignons plutôt bons.

Avant de revenir s’occuper du domaine paternel, à la suite de la mort de son frère, Franck était ingénieur de formation. Isabelle  a travaillé dix ans comme chimiste dans un laboratoire d’œnologie. Deux scientifiques qui aiment comprendre.  Leur vie bascule à nouveau, un jour où un médecin diagnostique une grave maladie à Isabelle. Elle refuse le traitement  proposé au départ dont elle connait trop bien les effets secondaires. La jeune femme découvre la radiesthésie. Isabelle guérit.  « Nous avons pensé que nous avions quelque chose à comprendre dans la façon d’appréhender le vivant », témoigne la vigneronne. A partir de là, ils se forment pendant six ans, et depuis, utilisent radiesthésie et géobiologie tout naturellement à la vigne comme au chai en plus des traitements biodynamiques qui leur sert de socle.

Franck Pascal, vigneron champenois en biodynamie

Franck Pascal, vigneron champenois en biodynamie, doté d’une sensibilité au vivant exceptionnel.

Et quand je questionne Franck Pascal pour comprendre concrètement la façon dont il se renseigne au moyen de la radiesthésie, il me donne un exemple :  « En 2010,  la fermentation en cuve ne se passait pas normalement, quelque chose déraillait.  Il avait plu 3 semaines avant les vendanges. Chez nous les raisins étaient sains mais ailleurs il y avait de la pourriture. Je dois préciser  que nous procédons d’abord en pressant les jus et nous ne mettons pas de sulfites sur les raisins lors des vendanges, pas d’enzymes. Nous cherchons à garder les levures indigènes en pleine forme.  On fait un léger débourbage, sans matière décolorante ni enzyme pour préserver les précurseurs d’arômes. Mais en 2010, au moment du début de la fermentation, je sentais au dessus de la cuve des arômes de réduction. Je me dis, – Tiens il y a un blocage quelque part. C’est là que le  pendule m’a informé que le vin demandait de la lumière rouge. !. Je me suis mis aussitôt en quête d’ampoules de cette longueur d’onde. Isabelle en a trouvé à Reims. Nous avons placé cette lumière juste au dessus de la cuve, et en 5 minutes la réduction avait disparu. Finalement à la réflexion, ce n’était pas si étonnant,  les vignes avaient manqué de soleil à l’automne, et à cette saison, le spectre de la lumière se situe dans les lumières rouges, la vigne en a besoin pour capter une forme d’énergie, il lui manquait juste ça à cause de la pluie  « , décrit Franck, que plus rien ne semble surprendre.

A lire aussi sur WINETERROIRS, l’article de Bertrand Celce, reporter photographe en anglais, qui aborde la question  très critique de l’eau polluée aux pesticides en Champagne.