Une dégustation formidable de vins improbables

Club de dégustation sans nom *- Jeudi 22 janvier 2009 (cliquer sur la photo pour voir net) – Une séance consacrée aux vins improbables. La liste est déjà une anthologie et les histoires entendues extraordinaires.

Eh oui des Bretons font du vin dans leur jardin !
Eh oui les Coteaux d’Argenteuil si prisés au temps des guinguettes avant la Révolution française continuent, grâce à la Ville, de fournir encore quelques bouteilles !
Eh oui en Normandie, un notable a réussi non seulement à produire du vin, mais aussi à le faire recenser par le Guide Hachette des vins !
Tous ces vins sont des curiosités.
L’assemblée a pu aussi goûter tout un pan, bien expliqué par notre maîtresse de séance qui oeuvre activement au renouveau des vins bretons -, de vins réalisés à partir d’hybrides, comprenons, un cépage issu d’un croisement cultivé comme avant le phylloxéra pas de greffe et multiplication par simple bouturage, et où l’on peut retrouver le goût d’antan.1- Vin de table 2006 de Daniel Mondon (rouge) : « le bacco » hybride, cultivé dans la Loire, un nez animal, une acidité volatile (en bouche on la sent), récolté en surmaturité pour obtenir des vins normaux sans arômes foxés liés au côté hybride (en vente sur http://www.vins-etonnants.com/)

2- Vin de table 2006 La vigne du meunier « Maxence » de Daniel Mondon (rouge) : le « seibel » hybride dans la Loire, un nez de figue et de coquelicot, de réglisse et de porto, en bouche, un jus de fruit acidulé, sucré, pétillant. Des vendanges tardives réalisées après les gelées à – 7 ° C, comme un vin de glace mais en rouge. Un vin sec rouge, autant dire une production unique en France ! http://www.vins-etonnants.com/
3- Vini Fera Henry Marionnet (blanc) l’originalité réside dans le cépage sauvignon franc de pied (sans porte greffe américain) plus sensible aux maladies de la vigne. Un nez de bonbon acidulé et de levures, une bouche pamplemousse, zeste d’orange amère, insolite, où l’on ne retrouve pas le nez classique du sauvignon, ce côté pipi de chat ou buis, et qui claque en bouche avec une acidité du tonnerre.
4 – Vin bleu des Vosges Coteaux de Montfort : 2 hybrides khulman et oberlin assemblés, la coopérative des Vosges produit 10 000 litres par an, encouragée par la Chambre d‘agriculture. En bouche l’acidité est extrême, nous ne sommes pas devant un vin facile !
5 – Vin normand de Gérard Sansom « Arpents du soleil » Saint- Pierre-sur-Dive, ce viticulteur a obtenu l’autorisation de planter du muller-thurgau en plaidant la similitude de ses sols avec ceux des meursault. Un nez assez plat qui tire sur la fleur jaune de printemps, une attaque sucrée qui évolue bizarrement vers le sel et le poivre blanc. Un festival de saveurs.

6 – Picolo des Coteaux d’Argenteuil (blanc) un chardonnay 2005 à 13 % non chaptalisé ! que l’on appelait dans le temps « le cramponne toi au bord de la table ». Depuis 1980 les vignes municipales perpétuent la tradition viticole de cette contrée qui, en 1682 produisait un vin rosé, et qui aujourd’hui accueille gentiment tout volontaire aux vendanges en octobre.
7 -8-9 Vins bretons, un gamay 2005 du Morbihan face à l’île aux moines, un vin du Finistère Légende des Abers 2005 Lanarvily, un mousseux breton de Jean Donnio (Côtes d’Armor) qui a évité l’arrachage de ses 700 pieds de vigne de justesse… des vins fait à la bonne franquette, qui s’échangent entre amis, introuvables dans le commerce.
L’association pour le renouveau des vins en Bretagne milite afin de permettre aux bretons de cultiver des vignes pour faire du vin comme loisir, sans le commercialiser, mais en France la réglementation verrouille le droit de planter de la vigne. Le blog de l’association raconte l’histoire extraordinaire de ces inféodés (voir aussi le billet sur ce blog du 15/07/2008).

* le principe de ce club est que chacun planche à son tour sur une question, et organise une dégustation de vins à l’appui, quel que soit son niveau, amateur ou professionnel. Pari pour l’instant toujours réussi.