Eric Verdier, le Mozart de la dégustation

photo : www.eric-verdier.com

Rencontre – Quand j’ai découvert Eric Verdier la première fois, j’ai pensé à Mozart, à son génie précoce. Puis, à Louis de Funès et à sa drôlerie excentrique. Enfin, à l’inspecteur Colombo qui, si on le laissait faire ne parlerait bien, que de son admirable femme. Les fidèles de son cercle oenophile (Culture&goût) l’appelle avec une malicieuse déférence “Monseigneur… ». Et il faut le voir plonger le nez dans son verre incliné, le regard concentré, intimant le silence à la salle. Pour commencer son apprentissage en dégustation, aime t il à dire, rien ne vaut de goûter les eaux.
Malgré son air de petit garçon, Eric a dépassé la quarantaine. Les cheveux châtains clairs, la taille mince, vif, drôle, savant, disert, généreux et terriblement amical. Ami d’Alain Passard, il s’attable régulièrement à l’Arpège pour goûter un œuf coque à la truffe, suggérer une épice et une alliance met et vin. La carte des vins est son oeuvre.
Eric est le seul dégustateur à ma connaissance qui aille, comme un athlète de haut niveau, consulter régulièrement un ORL afin de vérifier l’état de son système olfactif. Ses mains manucurées témoignent de son caractère méticuleux. Le tiède n’existe pas autour de lui. Les uns l’adorent ; les autres l’abhorrent.
Ses papilles sont référencées par les grands crus bordelais qu’il veille à mettre à jour à chaque millésime. Sa collection personnelle de bouchons compte des verticales impressionnantes. Il s’agace dès qu’on lui parle des classements bordelais. Impatient de tout réformer s’il en avait le pouvoir, il vinifie, en attendant, avec tout son art des cuvées à son nom pour des domaines du sud de la France.
Tenu à l’écart des grands guides de vins, ce dégustateur français spécialisé dans l’analyse sensorielle reste dans l’ombre de l’univers médiatique. Il contribue pourtant aux bancs d’essai vins pour le magazine Que Choisir, a collaboré aux coffrets d’arômes de Jean Lenoir, a travaillé avec Oliviers&co à faire connaître en France les grands crus d’huile d’olive, conseille amicalement depuis 2001 le monastère de Solan pour l’élaboration de ses vins (voir le billet sur Vin&Chère en cliquant ici.)
A l’automne dernier Alain Passard et lui ont orchestré une dégustation pour la presse grand public afin de démontrer que les légumes pouvaient gaillardement accompagner des vins. Les journalistes ébahis buvaient les paroles de cet expert hors pair très intrigués de ne pas le connaître. Lui n’avait qu’un souci, transmettre un message didactique aux consommateurs. Rien de snob chez Eric Verdier, non, juste l’exigence des Grands. A quand le guide Eric Verdier ?

A consulter aussi sur le web :

le site d’Eric Verdier
un portrait publié en 2008 dans Le Monde