Leçon incroyable de gastronomie à travers le roman chinois « Le rêve dans le Pavillon rouge »

Interview - Un proverbe chinois dit que « la médecine et les aliments proviennent de la même source ». William Chan Tat Chen, écrivain d’origine chinoise né à Madagascar, ingénieur en restauration,  décortique pour nous dans ce sixième livre les mets rares servis à la table d’une famille aristocratique d’origine mandchoue au XVIIIe siècle, héroïne du roman de Cao Xueqin « Le rêve dans le Pavillon rouge ». C’est érudit, drôle, très vivant et exotique.

En Chine, le choix des plats s’opère en fonction de l’âge et de l’état de santé des convives conformément aux principes de diétothérapie de l’alimentation chinoise qui s’appuie sur les équilibres des énergies yin et yang. Une autre vision du monde où un prêtre taoïste facétieux conseille « une soupe pour soigner les femmes jalouses » composée essentiellement de poire d’automne et de sucre candi. «  La poire est de nature à humidifier les poumons, à provoquer l’expectoration de sécrétions provenant des vois respiratoires, à arrêter la toux et à apaiser la chaleur endogène« . Des ingrédients bizarres autant qu’étranges ont leur place comme « la bouillie de riz rouge et chat sauvage salé », » le fœtus de mouton cuit au lait et à la vapeur » ou « la soupe de nids d’hirondelles » mais des recettes tout à fait intemporelles figurent là aussi comme « la bouillie de riz au canard », « le jambonneau mijoté », ou « la terrine d’aubergines ».

A la table du « Rêve dans le pavillon rouge » de William Chan Tat Chuen, publié chez Jean-Paul Rocher éditeur.  L’auteur donne aussi des cours de cuisine chinoise à Initiation Gourmande à Neuilly sur Seine.