Au Grunge Tasting, le lilliputien château Planquette venu du Médoc montrer un bon cru sans bourgeois

Didier Michaud au Grunge Tasting, lundi 12 décembre 2011, au restaurant l’Hédoniste, 14 rue Léopold Bellan 75002 Paris.

La question qui tue…

Vin&Chère : Didier, resterez vous en bio en 2012 si le cahier des charges vinification (voir précédent billet) passe en l’état ?

Didier Michaud : Certainement pas, je ne suis pas d’accord avec ce qui a été conclu, je ne  sais pas encore ce que je ferai,  mais probablement je suivrais le cahier des charges vinification Nature et progrès qui est plus exigeant…

Combien pèse Didier Michaud ?

Un hectare soixante dix, même pas deux hectares de vignes. Telle est la taille de la parcelle de Didier Michaud devenu vigneron sur le tard. Mais c’est du Médoc, je l’ai bien aimé et j’ai accroché avec le producteur, c’est toujours comme ça.

Château Planquette, un Médoc sympa autour de 12/13 €.

 

Didier Michaud c’est l’histoire d’un mec,  passé de la  cave coopérative où il livrait ses raisins dans les années 80,  à la cave particulière en 1998. Il cultive ses raisins en bio, est certifié officiellement AB  et évite de charger ses vins en sulfites. Ce qui lui vaut bien des soucis avec les comités d’agrément pour l’appellation d’origine contrôlée “Médoc”.

Quand en 2003, année caniculaire, tout le monde vendange plus tôt, Didier attend la maturité maximum des raisins. Ce qui lui vaut un refus  de l’AOC.

Lundi soir, à la soirée Grunge Tasting à Paris, il avait  apporté dans sa valise une bouteille de ce Médoc 2003 déclassé en vin de table – ce fichu millésime aux raisins surmûris,  est toujours une curiosité  à goûter. Huit ans après, il est excellent. Comment un comité de labellisation officielle peut il être d’un avis si opposé à celui des consommateurs  ?

Depuis 2003,  de nouveaux cahiers des charges ont été adoptés dans toutes les régions françaises. Les dégustateurs des comités INAO sont  formés systématiquement, les syndicats professionnels ont été remplacés par des organismes de défense et de gestion (ODG), mais les choses ont elles changé ?

“J’attendais beaucoup de la réforme mais il n’y a pas eu de progrès véritables : sur beaucoup de points on a pris les mêmes et on a recommencé comme avant ; la formation systématique  des dégustateurs n’a pas appris à déguster  à ceux qui ne savaient pas déguster  ; les vins sont dégustés en bouteille et non plus prélevés en cuve, mais comme l’appellation est inscrite sur le bouchon, en cas de problème, le vigneron doit tout déboucher, cela est catastrophique pour lui. En 2008, j’ai le même vin dont un lot est passé à l’agrément mais pas l’autre. Présenté à un mois d’intervalle, ce dernier a été recalé pour manquement  mineur,  je n’ai pas compris… “,  s’étonne Didier Michaud.

Son Médoc  sommeille trois ans en barrique de douze ans d’âge (pas de renouvellement tout simplement depuis leur achat), avec de faibles doses de sulfites. Didier Michaud publie les analyses de ses vins en ligne.

Si ça vous dit de les goûter…  Le restaurant Coinstot Vino (lire la chronique ici) est un fidèle comme plein d’autres, mais il n’y a que  6 500 bouteilles par an. On les trouve aussi sur les sites de vente “Vins étonnants” et “Le Vert et le Vin” .

Didier Michaud – 33340 Saint Yzans de Médoc – France –
Tel : 50 56 09 07 50 – 06 86 34 03 64