La ferme de Paris expérimente avec succès la permaculture depuis 2013 tout en accueillant les curieux

La Permaculture à la ferme de Paris // photos MS.

Les 24 et 25 mai 2014, les journées portes ouvertes de l’Ecole Du Breuil de Paris (formation aux arts et techniques du paysage) proposaient des balades vers la Ferme de Paris à la découverte de la permaculture.

Frédéric, jardinier de la Mairie de Paris, y expérimente la permaculture depuis un an. Sans relâche, pendant les deux jours, il a expliqué les rudiments de ce nouveau paradigme agricole.

 

Un fatras savamment agencé, le sens écologique hérité du monde anglo-saxon

Depuis que j’ai découvert cette forme d’agriculture sauvage  il y a quelques mois, dévoré l’ouvrage du sage Masanobu Fukuoka *, le sujet ne cesse de me revenir par des chemins les plus détournés. La permaculture est dans l’air du temps depuis un moment et gagne des publics plus larges. Mais le milieu des journalistes non spécialisés en jardinage et en environnement n’est pas encore trop au parfum.

Branchages et pieux pour aménager une terrasse où la joli artichaut qui ressemble à une fougère  est envahi par les pucerons qui se détournent ainsi des fèves…

Cette approche s’avère longue à expliquer. Les gens souvent questionnent : “Mais quelle est la différence avec le bio ?

La permaculture pulvérise tous les clivages (bio, biodynamie, agroécologie…) pour mixer les avancées des uns et des autres. Elle finit par proposer un modèle agricole spécifique et cohérent : dépourvu de tout traitement chimique, qui développe la biodiversité, joue sur les synergies intelligentes, et applique une réflexion absolutiste pour les sols. Ceux-ci ne sont pas labourés et enrichis au début avec des buches de bois et des copeaux,  ce qui permet de retenir l’eau et d’apporter du carbone ; la plantation de légumineuses fournit l’azote nécessaire en complément, leur liste est longue (genêts, fèves….) ; un recouvrement (“paillage”) protège les sols et des buttes donnent du relief au terrain tout en permettant de ne pas écraser la terre par la marche.

Les baies de Goji poussent bien mais attirent l’oïdium.

Au premier coup d’œil, le profane est saisi par le spectacle vivant et hétéroclite de toutes ces plantes fleuries, ces légumes, ces aromatiques, disséminées au milieu de tas de bois, des planches, des haies de branchages, de mille objets de récupération et la paille au sol… Ce joyeux fatras procure une sensation réconfortante chez ceux qui sont sensibles à la vie,  l’inspiration, la créativité. L’homme y respire.

L’éthique, qui sous tend la permaculture telle qu’elle est pensée par les fondateurs Australiens (Bill Mollison, David Holmgren) se déploie dans trois directions  :

  • – le respect de la Terre
  • – le respect de l’Homme
  • – le Partage des ressources

Le partage est la base de tout : de l’apprentissage, du savoir, des expériences, et des récoltes. Les rendements sont si importants en permaculture que l’Inra a lancé une étude. Le magazine Les quatre saisons du jardin bio prépare d’ailleurs un prochain dossier sur cette question avant la fin de l’année.

Lectures recommandées :
Le guide de la permaculture au jardin Carine Mayo Terre Vivante 2014
Permaculture en milieu tempéré Franck Nathié 2012
La révolution d’un seul brin de paille, Masanobu Fukuoka, Guy Trédaniel 2005 *
Introduction à la permaculture, Bill Molllison, 2012
La permaculture de Sepp Holzer, Sepp Holzer, 2011
Graines de permaculture, Patrick Whitefield, 2005

 

Deux canards se régalent des limaces attirées par le paillage.

Au sol, du paillage, brin de paille, copeaux de bois,  varier est important.