La révolution d’un seul brin de paille a créé la permaculture qui nous prépare à l’agriculture des villes de demain

Paillage du sol, pas de terres à nu, l’un des nombreux principes de la permaculture campée par Bill Mollison et David Holmgren.

C’est comme tout nouveau mot. Une fois qu’il est découvert, on le voit surgir de partout, à se demander comment jusqu’ici on n’avait pu y échapper… “permaculture”.  Yves-Elie Laurent, un apiculteur des Cévennes (Arbre aux Abeilles) le premier m’a parlé, avec enthousiasme, du livre qui l’a inspirée.

La révolution d’un seul brin de paille, de Masanobu Fukuoka, un  riziculteur japonais décédé en 2008 ? tu ne connais pas ?!

Et de la “permaculture” (culture permanente) née en Australie.

C’était en mars. Ce livre je l’ai commandé de suite, dévoré et recommandé : de la sagesse en barre.

Depuis, j’ai  rencontré, sans le vouloir, un maraicher d’un nouveau type, permaculteur, dans le sud de la France. Je fus étonnée de découvrir in situ une vision ébouriffée de la nature avec poules, porc laineux, arbres fruitiers,  fleurs colorées, légumes multiples, paille,  entremêlés.

Deux mois après, à la ferme de Paris dans le bois de Vincennes, je tombais sur l’expérience permacole (lire le billet sur vin&chère). De la paille encore, plein partout.

Lors de la dégustation “Autrement vin”, au printemps, je débusquais encore le terme dans la présentation des vins de Bruno Schloegel en Alsace, domaine Lissner.

La consoude ?! “Elle est jolie, mellifère et peut servir de nourriture aux animaux, c’est une des clés de la réussite en permaculture”, estime Nicolas Pézeril arboriculteur dans le Morvan (Le guide de la permaculture au jardin de Carine Mayo, Terre Vivante).  Il existe aussi un site bien informé consoude.fr

Ce mode de culture dans le maraichage et l’arboriculture investit donc aussi les vignes françaises.

Puis, à Jardins, jardin aux Tuileries, une spirale d’herbes aromatiques, autre emblème de la permaculture était exposée bien en vue aux Parisiens… encore.

Hasard ?  Moi j’appelle ça un signe. En tout cas une insistance. Arrivée sur la pointe des pieds d’expériences en expériences, ici et là en France, la permaculture sort de l’ombre, s’affiche aux urbains et en convint certains qui en parlent autour d’eux.

La ferme école du Bec Helloin dans l’Eure voit ses formations prises d’assaut. L’appel de la Terre grandit. Le Bôco Lôco, un nouveau café associatif dans le XVIIIème à Paris dont parle l’association Vergers Urbains (ici) se réfère à la permaculture.

Si cela plait tant aux urbains c’est parce ce qu’ils sentent qu’elle leur correspond bien : petits espaces,  pas de  pesticides, profusion de variétés, une biodiversité accrue,  des rendements prodigieux, une créativité, et aussi, trois principes inspirants : respect de la Terre, respect des Hommes, partage des récoltes et des savoirs. Alors… la révolution du brin de paille… ça vous chante ?!