Les soutiens imprévus au miel français qui a vécu une année noire en 2014

Conférence de presse Unaf 19 mars 2015 | D.R

Conférence de presse Unaf 19 mars 2015 | D.R

Les stocks de miels sont au plus bas. Préparez vous, consommateurs de miel,  à payer plus cher le pot  “made in France”.  Les apiculteurs français déplorent, par la voix de l’Union nationale (UNAF), une perte dramatique de récolte. En 2014, les tonnages atteignent à peine 10 000 tonnes quand la France en importe 30 000. Le miel bio représente autour de 500 tonnes ! “C’est un crève cœur”, se plaint Henri Clément le porte-parole de l’UAF “car la demande des consommateurs ne fléchit pas et pourrait permettre de créer des emplois en zones rurales…“. Mais les pesticides de synthèse utilisés par l’agriculture intensive et l’élevage ;  les nouveaux prédateurs et la météo calamiteuse déciment plus que jamais les colonies d’abeilles.

Dans les Pyrénées-Orientales et en Ariège, des produits antiparasitaires administrés dans les élevages ont été retrouvés dans des zones vierges de pollution jusqu’ici, situées à 1000 mètres d’altitude. Amenés par le vent, ces produits ont tué énormément d’abeilles au cours de l’hiver 2013/2014. Les apiculteurs sinistrés demandent une aide exceptionnelle.

Un frelon

Frelon asiatique | photo  francevininfo

Le frelon asiatique continue de se répandre “faute de politique nationale de lutte cohérente”, critiquent les apiculteurs qui apportent pourtant une solution avec un piégeage ciblé au printemps des reines fondatrices peu onéreux (entre 1 et 3 €). Les trois quarts de la France sont envahis. Le Morbihan est particulièrement touché.  Il faut savoir qu’un nid de frelons asiatiques engloutit entre 3500 et 15000 abeilles par jour pour se procurer les 500 grammes de protéines nécessaires.

Cyrips du châtaignier | photo forumphyto

Cyrips du châtaignier | photo forumphyto

La situation des châtaigniers et du miel de cette fleur est préoccupante avec une  mouche originaire  de Chine, le cynips, qui s’installent dans les bourgeons depuis 2005. “Il suffirait à la France de débloquer entre 500 et 800000 € pour s’en débarrasser en introduisant son prédateur, comme l’Italie l’a fait avec succès“, précise Henri Clément de  l’Unaf.

L’Unaf critique le double langage du Ministère de l’Agriculture et s’impatiente de ne pas voir les promesses se réaliser.

Il a été obtenu que la Commission européenne suspende partiellement pour deux ans quatre molécules toxiques pour les abeilles, le 1er décembre 2013. Encore mieux, récemment, deux parlementaires  ont déposé un amendement au projet de loi sur la biodiversité, qui interdit l’usage des néonicotinoïdes (Gaucho, Cruiser…)  à partir du 1er janvier 2016. Il  a été adopté le jeudi 19 mars à la majorité, cela contre l’avis du Gouvernement !  Cet épisode révèle « l’incohérence du gouvernement et du ministre de l’Agriculture qui prétendent défendre les apiculteurs français et se sont opposés à cet amendement tout comme à la résolution similaire rejetée il y a quelques semaines au Sénat où l’ensemble des élus PS avaient voté contre…Il est urgent que le gouvernement mette un terme à son double langage et adopte une position claire et courageuse en la matière », souligne Gilles Lanio, le nouveau président de l’UNAF.

rucher-école |photo ; Sud ouest.

rucher-école | photo : Sud Ouest.

Les ruchers-écoles partout en France affichent complets. Si bon nombre d’exploitations apicoles sont au bord de la faillite, les particuliers sont de plus en plus nombreux à investir dans une ruche ou deux à la maison.

Autre bonne nouvelle la ville de Paris s’apprête à rejoindre le Réseau “l’Abeille, sentinelle de l’environnement @” qui d’ailleurs fête ses 10 ans cette année. Les APIdays seront particulièrement fêtés les 19 et 20 juin 2015.

La famille Mary, propriétaire de 1300 ruches, s’est engagée à reverser 1% des ventes de pots de miel  dans ses 25 boutiques à l’UNAF.

Et d’après la récente étude d’une chercheuse, les abeilles savent compter et reconnaitre un visage humain.